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Philadelphie depuis longtemps passée son apogée de combat alors que ‘Boots’ Ennis entame le sien

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La fermeture du Spectrum le 31 octobre 2009 et le dernier combat organisé au Blue Horizon le 4 juin 2010 marqueront à jamais l’histoire de Jaron "Boots" Ennis. Il n’avait que 12 ans lorsque les deux lieux emblématiques de la boxe à Philadelphie tirèrent leur révérence.

Aujourd’hui, Ennis, âgé de 27 ans et pesant 69,85 kg, se retrouve en tête d’affiche au Wells Fargo Center, une arène de 21 000 places ayant succédé au Spectrum comme domicile des Flyers de la NHL et des 76ers de la NBA depuis 1996. Lors de cet événement diffusé par DAZN, Ennis affrontera David Avanesyan. Ce combat pourrait bien propulser Ennis comme le prochain grand boxeur de Philadelphie.

Les historiens de la boxe de Philly situent l’âge d’or de ce sport en deux périodes distinctes distinctes. L’une débute le 30 septembre 1969 lorsque Russell Peltz, alors âgé de 22 ans, organise son premier spectacle au Blue Horizon. Cette ère est couronnée par les combats mémorables au Spectrum et l’émergence de stars locales comme Bennie Briscoe, Matthew Saad Muhammad, et Jeff Chandler. Des titans de la boxe tels que Roberto Duran et Marvin Hagler se sont aussi illustrés sur le ring du Spectrum.

Cependant, à la fin des années 70, la popularité du sport a décliné en raison de la montée en puissance du réseau local PRISM, qui diffusait des combats à moindre coût, et de l’attrait des casinos d’Atlantic City qui proposaient des cachets plus alléchants.

La deuxième période dorée survient en 1986 grâce à USA Network et son émission "Tuesday Night Fights" qui diffuse les combats de Peltz depuis le Blue Horizon. Bien que les combats ne soient peut-être pas aussi grandioses que ceux de Duran, cette période voit des boxeurs comme Bernard Hopkins et Arturo Gatti remplir la salle à chaque événement.

Peltz souligne cette période avec émotion : « Peut-être que les années 70 étaient l’âge d’or en termes de grands combats, mais les années 90 au Blue Horizon étaient également mémorables. Tout le monde voulait y combattre. »

La situation change radicalement avec la fin de "Tuesday Night Fights" en 1998, mettant fin à cette seconde période dorée. « J’étais comme un cochon dans la boue », se souvient Nigel Collins, ancien rédacteur en chef de The Ring, décrivant la frénésie de couvrir ces grands combats.

Bien que privé de ses arènes mythiques, Philadelphie est restée incontournable avec des combats de clubs réguliers et de nombreux boxeurs de championnat. Néanmoins, le dernier grand combat majeur à Philly remonte à la victoire d’Artur Beterbiev sur Oleksandr Gvozdyk pour la couronne des poids mi-lourds en 2019.

Ennis, avec ses 31 victoires, dont 28 par KO, est le nouvel espoir de Philly. Son dernier combat s’est déroulé il y a un an à Atlantic City, où une foule passionnée a afflué pour le soutenir. La taille de la foule ce samedi au Wells Fargo Center donnera une indication claire sur son émergence en tant que star locale.

Peltz, fidèle à son esprit critique, restera vigilant sur les chiffres d’affluence communiqués. « Les arènes actuelles ont tendance à gonfler les chiffres en distribuant des billets gratuits », dit-il. « Ce n’était pas un problème à l’époque de Briscoe et Hagler. »

Eric Raskin, avec 25 ans d’expérience dans le journalisme de boxe, continue de suivre et de documenter l’évolution de ce sport. Pour plus de ses écrits et analyses, vous pouvez le suivre sur diverses plateformes et publications.

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