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Le WBC envisage de classer les champions d’organisations concurrentes

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Retour sur les Sanctions et Classements : Entre Pragmatismes et Contradictions

Le même jour où le WBC annonçait son ouverture à la demande de Manny Pacquiao, 45 ans, pour disputer leur titre vacant des poids welters après trois ans d’inactivité, le chef de cette organisation, Mauricio Sulaiman, a abordé les politiques de classement des combattants. Cette annonce a fait couler beaucoup d’encre dans le monde de la boxe.

Pour de nombreux amateurs, les classements des principales organisations de sanction restent énigmatiques, ne reflétant pas nécessairement les performances et les accomplissements des meilleurs combattants. Prenons par exemple les poids lourds : Zhilei Zhang apparaît à la quatrième place, tandis que Joseph Parker, qui l’a pourtant battu en mars dernier, n’y figure pas. Dans la catégorie des poids lourds-légers, Noel Mikaelyan est le champion, mais le nom de Jai Opetaia, considéré comme le meilleur de cette division, est introuvable dans le top 30.

Ces anomalies s’expliquent par une règle bien établie : tout boxeur possédant une ceinture d’une organisation ne sera pas classé par une organisation rivale. Parker détient le titre intérimaire de la WBO et Opetaia règne sur les poids lourds-légers de l’IBF. En d’autres termes, c’est un conflit d’intérêts que de classer les détenteurs de ceintures d’autres organisations.

Les directives de classement du WBC sont claires : « Aucun champion d’une autre organisation de boxe ne sera classé dans le top 10, puisque leurs obligations ne leur permettent pas de combattre pour un titre WBC. Par conséquent, de telles opportunités seront réservées aux combattants prêts à se battre pour un championnat WBC. »

Cependant, cette règle crée une situation où aucune organisation ne peut réellement obliger les meilleurs boxeurs à se mesurer à leurs rivaux directs. Une question légitime se pose alors : ne serait-il pas plus bénéfique pour les fans qu’au moins une organisation montre l’effort d’unifier les talents ?

Mauricio Sulaiman s’est expliqué sur ce point : « Ils ne sont pas dans les classements car ils ont d’autres engagements. Ce serait une intrusion de les inclure dans nos évaluations – si nous les classons, ils prendraient la place de ceux qui sont éligibles. Leurs noms sont listés dans les documents de classement en tant que champions d’autres organisations afin qu’ils puissent participer aux unifications. Nous sommes toujours ouverts aux unifications. »

Mais le débat est loin d’être clos au sein du WBC. Certains membres de l’organisation, comme Dean Lohuis, un membre influent du comité de classement du WBC, souhaitent voir un changement de politique. « C’est mon rêve », a déclaré Lohuis. « Depuis des années, j’ai dit à Mauricio Sulaiman : ‘Pour le bien de la boxe, je veux changer la règle afin que tous les boxeurs soient inclus dans notre classement.’ Nous comptons en discuter lors de notre prochaine convention. »

Lohuis insiste sur le fait que le classement des combattants éligibles aux titres WBC repose essentiellement sur le mérite, et non sur des victoires dans des compétitions intercontinentales de moindre importance. Pour preuve, il était réveillé à 2 heures du matin ce jour-là, visionnant les combats récents pour évaluer les performances. « Vous ne pouvez pas classer les combattants sans les voir combattre », dit-il. « Nous essayons d’inclure des combattants compétitifs dans le top 15. »

Le processus, qui se déroule tout au long du mois, comprend l’examen des performances des combattants, l’écoute des témoignages des entraîneurs, des promoteurs et des médias, et l’élaboration d’un document de travail présenté au comité de classement avant leurs réunions mensuelles.

Sans aucun doute, la création des classements pour 18 divisions, chacune comportant 30 combattants, est une tâche ardue et minutieuse. Cependant, ce processus rigoureux semble parfois contourné par des exceptions qui défient les règles et règlements établis que l’organisation chérit tant.

Un exemple frappant est celui de Pacquiao qui revient à 45 ans, cinq ans après sa dernière victoire et quatre ans après sa retraite annoncée suite à sa défaite contre Yordenis Ugas. Sulaiman, toujours optimiste, a répondu aux inquiétudes concernant Pacquiao en faisant référence aux retours réussis de Sugar Ray Leonard, à 31 ans, battant Marvin Hagler, et Vitali Klitschko, à 37 ans, battant Samuel Peter, dans leurs quêtes pour les titres WBC en 1987 et 2008 respectivement.

Le monde de la boxe reste donc en attente d’une possible évolution des classements et des politiques du WBC, espérant une meilleure représentation des talents réels à travers les différentes organisations.

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