⚡ L’essentiel à retenir
- Sean Strickland affronte Anthony Hernandez le 21 février 2026 à Houston dans un combat qui pourrait redéfinir la hiérarchie des poids moyens
- Hernandez arrive avec 8 victoires consécutives et le surnom mérité de “l’American Chimaev”
- Strickland, ancien champion, revient après une suspension controversée et deux défaites face à Du Plessis
- Le vainqueur pourrait décrocher un combat éliminatoire pour le titre face à Khamzat Chimaev
- Nate Diaz annonce son retour pour réclamer la ceinture BMF qu’il estime avoir créée
Samedi prochain à Houston, l’UFC organise bien plus qu’un simple combat. Dans l’octogone du Toyota Center, deux trajectoires opposées vont se percuter violemment : celle d’un ancien champion déchu qui cherche à prouver qu’il mérite encore sa place au sommet, et celle d’un tueur silencieux qui a attendu son heure pendant des années. Sean Strickland contre Anthony “Fluffy” Hernandez, c’est le choc entre l’arrogance assumée et la détermination froide.
Strickland, l’ancien roi sans couronne
Sean Strickland revient dans l’octogone avec quelque chose à prouver. Pas seulement à ses détracteurs, mais surtout à lui-même. L’homme qui a arraché la ceinture des poids moyens à Israel Adesanya en septembre 2023 n’est plus champion depuis un an. Deux défaites consécutives face à Dricus Du Plessis ont refroidi ses ambitions, et une suspension de six mois imposée par la Commission Athlétique du Nevada l’a éloigné des projecteurs.
Cette suspension ? Le résultat d’un geste impulsif lors d’un événement régional à Las Vegas, où Strickland a voulu en découdre avec un combattant adverse alors qu’il était dans le coin de son coéquipier. Typique de “Tarzan” : imprévisible, provocateur, incapable de se taire. Mais derrière cette carapace médiatique se cache un combattant redoutable qui possède l’une des meilleures boxes de la division. À 34 ans, il sait que le temps joue contre lui. Ce combat face à Hernandez n’est pas une simple revanche, c’est une question de survie dans l’élite.
Avec un bilan de 29 victoires pour 7 défaites, Strickland reste classé quatrième chez les poids moyens. Mais les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Ses deux derniers combats contre Du Plessis auraient pu basculer dans l’autre sens. Les décisions unanimes étaient serrées, contestées par beaucoup. L’Américain a perdu son titre, certes, mais pas sa dangerosité.
Hernandez, la machine à broyer
Anthony Hernandez ne ressemble à personne d’autre dans la division des 185 livres. Surnommé “Fluffy” en référence à son physique peu conventionnel pour un athlète de haut niveau, le combattant de 32 ans cache sous cette apparence trompeuse une violence méthodique qui a détruit huit adversaires consécutifs. Huit victoires d’affilée. La deuxième plus longue série active chez les poids moyens, juste derrière le champion Khamzat Chimaev.
Son secret ? Un pressing incessant, une cardio inhumaine, et une capacité à imposer son rythme même aux meilleurs. Hernandez ne cherche pas le knockout spectaculaire. Il étouffe, il épuise, il brise mentalement. Ses victoires récentes contre Michel Pereira, Roman Kopylov et Edmen Shahbazyan ont toutes suivi le même schéma : domination progressive jusqu’à l’abandon ou l’arrêt de l’arbitre.
Classé sixième au classement UFC, Hernandez devait initialement affronter Reinier de Ridder en octobre dernier dans ce qui était présenté comme un combat éliminatoire pour le titre. Une blessure l’a forcé à déclarer forfait. Ce report lui a peut-être rendu service : battre un ancien champion comme Strickland vaut bien plus qu’une victoire contre De Ridder dans la course au titre.
| Critère | Sean Strickland | Anthony Hernandez |
|---|---|---|
| Âge | 34 ans | 32 ans |
| Bilan UFC | 16-7 | 15-2 (1 NC) |
| Série en cours | 2 défaites | 8 victoires |
| Classement | N°4 | N°6 |
| Point fort | Boxe technique, défense solide | Pressing constant, cardio, soumissions |
| Dernier combat | Défaite vs Du Plessis (décision) | Victoire vs Dolidze (soumission) |
Le style fait le combat
Sur le papier, ce combat oppose deux philosophies radicalement différentes. Strickland excelle dans la gestion de distance, avec un jab chirurgical et une défense qui lui permet de neutraliser les attaques adverses. Il aime contrôler le centre de l’octogone, forcer l’adversaire à venir le chercher, puis le punir au compteur. Sa victoire contre Adesanya reposait précisément sur cette stratégie : frustrer le champion, annuler son jeu de jambes, imposer un rythme monotone mais efficace.
Hernandez, lui, déteste la distance. Il veut le clinch, il veut le corps-à-corps, il veut sentir le poids de son adversaire contre lui avant de le projeter au sol. Sa lutte est dévastatrice, et une fois le combat au tapis, peu de combattants ont réussi à se relever indemnes. Son triangle brachial contre Barriault, son TKO sanglant contre Pereira : autant de preuves que “Fluffy” ne laisse aucune ouverture une fois qu’il a pris le contrôle.
Strickland a déjà qualifié Hernandez “d’American Chimaev”, une référence directe au champion actuel Khamzat Chimaev qu’il déteste ouvertement et rêve d’affronter. Cette déclaration n’est pas anodine : elle révèle à la fois du respect pour le niveau d’Hernandez et une motivation personnelle. Battre “Fluffy”, c’est prouver qu’il peut aussi battre Chimaev. Du moins, c’est ce qu’il veut croire.
Les enjeux qui dépassent l’octogone
Au-delà de la confrontation individuelle, ce combat porte des implications majeures pour la division. Le vainqueur se positionnera automatiquement comme candidat sérieux à un combat pour le titre, ou du moins à un affrontement éliminatoire de haut niveau. Avec Chimaev qui domine la division mais qui pourrait bientôt monter chez les mi-lourds selon certaines rumeurs, et Du Plessis qui cherche des challengers crédibles, chaque victoire compte double.
Pour Strickland, une défaite le relèguerait probablement hors du top 5, voire pire. À son âge et avec son historique récent, l’UFC ne lui accordera pas d’éternelles secondes chances. Il le sait, il l’a répété dans plusieurs interviews : c’est maintenant ou jamais.
Pour Hernandez, c’est l’opportunité d’enfin valider son statut de contender légitime. Huit victoires consécutives, c’est impressionnant. Mais aucune de ces victoires n’a été contre un ancien champion. Battre Strickland effacerait ce dernier doute et obligerait Dana White à lui accorder le respect qu’il mérite.
Diaz réclame son dû
Pendant que Strickland et Hernandez se préparent à s’affronter, une autre tempête médiatique secoue l’UFC : le retour annoncé de Nate Diaz. À 40 ans, la légende de Stockton a publié un message incendiaire sur les réseaux sociaux le 12 février, affirmant qu’il avait “créé toute une division” en référence à la ceinture BMF (Baddest Motherf***er), et qu’il comptait bien revenir la chercher.
Diaz n’a plus combattu à l’UFC depuis septembre 2022, lorsqu’il avait soumis Tony Ferguson avant de quitter la promotion pour tenter sa chance en boxe. Deux combats plus tard (une défaite face à Jake Paul, une victoire contre Jorge Masvidal), le voilà qui annonce son grand retour. Sa cible ? La ceinture BMF, celle-là même pour laquelle il a combattu et perdu contre Masvidal en 2019 au Madison Square Garden.
Actuellement, c’est Max Holloway qui détient ce titre symbolique. Le champion hawaïen défendra sa ceinture le 7 mars prochain à l’UFC 326 contre Charles Oliveira dans ce qui s’annonce comme l’un des combats de l’année. Si Diaz est sérieux dans ses intentions, il devra attendre le résultat de ce choc et espérer que l’UFC le prenne au sérieux malgré ses quatre années d’absence de l’octogone.
L’événement historique de juin
L’actualité UFC ne s’arrête pas aux combats immédiats. Un événement sans précédent se prépare pour le 14 juin 2026 : un gala UFC organisé directement sur la pelouse sud de la Maison-Blanche, à l’initiative du président Donald Trump. La cage octogonale sera montée devant des milliers de spectateurs, avec des pesées officielles prévues au Lincoln Memorial et des festivités s’étendant sur le National Mall.
Cet événement, conçu pour célébrer le 250ème anniversaire de l’indépendance américaine, coïncide également avec le 80ème anniversaire de Trump. Dana White, ami de longue date et soutien du président, a confirmé que les combattants marcheront vers l’octogone depuis le Bureau Ovale. Un spectacle à la hauteur de l’ego surdimensionné du patron de l’UFC et de son complice politique.
Nate Diaz a d’ailleurs laissé entendre qu’il aimerait combattre lors de cet événement historique. Une hypothèse qui ferait exploser l’audimat mais qui semble pour l’instant relever davantage du fantasme que de la planification concrète.
Le calendrier qui s’emballe
Février et mars 2026 s’annoncent comme deux mois décisifs pour l’UFC. Après Strickland vs Hernandez le 21 février à Houston, l’organisation enchaînera avec le retour de Brandon Moreno au Mexique le 28 février. L’ancien double champion des mouches affrontera Lone’er Kavanagh après le forfait de son adversaire initial Asu Almabayev, blessé à la main.
Puis viendra l’UFC 326 le 7 mars à Las Vegas, avec le choc tant attendu entre Holloway et Oliveira pour la ceinture BMF. Ces deux légendes s’étaient déjà affrontées en 2015, avec une victoire de Holloway par TKO au premier round après une blessure au cou d’Oliveira. Près de onze ans plus tard, les deux hommes sont au sommet de leur art et occupent respectivement les troisième et deuxième places du classement des poids légers.
En mars, l’UFC posera également ses valises à Londres le 21 avec un combat principal entre Movsar Evloev et Lerone Murphy, deux combattants invaincus qui mettront leur réputation en jeu devant le public britannique toujours électrique.
Houston comme théâtre du destin
Le Toyota Center de Houston n’aura jamais aussi bien porté son nom. Samedi soir, ce sera le théâtre d’une collision frontale entre deux destins opposés. Strickland, l’ancien champion qui refuse de disparaître dans l’anonymat des has-been. Hernandez, le prétendant affamé qui veut enfin la reconnaissance qu’il estime mériter depuis des années.
Les paris sont ouverts, les pronostics fusent, et comme souvent dans l’UFC, personne ne peut prédire avec certitude ce qui va se passer. Un combat de MMA se joue sur un détail : un timing parfait, une erreur de positionnement, une seconde d’inattention. Strickland a l’expérience et la technique. Hernandez a la faim et le momentum.
Une chose est sûre : le vainqueur de samedi prochain ne sera plus jamais le même. Pour l’un, ce sera la confirmation d’un statut. Pour l’autre, ce sera peut-être le dernier sursaut d’orgueil avant la descente vers l’oubli. Dans l’octogone, il n’y a pas de place pour les regrets. Seulement pour les survivants.
Les amateurs de UFC ce soir ne devraient pas manquer ce rendez-vous. Parce qu’au-delà du sport, au-delà des statistiques et des classements, ce combat raconte une histoire universelle : celle de la rédemption contre celle de l’ascension. Et dans ce genre de récit, c’est toujours celui qui a le plus à perdre qui frappe le plus fort.








